Le vent de Saint-Pierre et les embruns de Saint-Guénolé
Il est des hommes qui épousent si intimement les contours de leur presqu'île qu'ils finissent par s'y confondre. Michel Variel était de cette trempe. Pendant des années, on a pu croiser sa silhouette familière arpentant son quartier de cœur, Saint-Pierre, souvent flanquée de son indéfectible labrador noir. Toute sa vie professionnelle s'est écrite au rythme des marées et des débarquements, dans le brouhaha de la criée de Saint-Guénolé où il officiait comme marqueur. Et dès que l'appel du large se faisait sentir, c'est à bord de son petit canot qu'il prenait la mer, prolongeant ce lien viscéral avec l'océan.
Le milieu gauche inépuisable du CS Penmarc'h
Sur les terrains, Michel fut l'homme d'un seul blason. Le précieux carton rose de sa licence minime de la saison 1962-1963 atteste de ses premiers pas officiels crampons aux pieds, à l'âge de treize ans. La suite s'est écrite en lettres majuscules pour le CS Penmarc'h. Milieu de terrain gauche infatigable, il a ratissé d'innombrables ballons et bataillé ferme jusqu'aux joutes de la DSR.
L'élu, le père et le bâtisseur
Ceux qui l'ont bien côtoyé au quotidien gardent le souvenir d'un garçon foncièrement gentil et d'une grande discrétion. Pourtant, sous cette nature affable se cachait un tempérament entier : quand Michel était piqué au vif, son caractère bien trempé se faisait entendre. Ce franc-parler allait de pair avec un sens aigu de la chose publique. Conseiller municipal de Penmarc'h, il fut un bâtisseur infatigable du lien social.
Père de trois fils scolarisés à Kérity, il a présidé l'Association des Parents d'Élèves du quartier pendant plus d'une décennie. Il s'est également investi corps et âme pour l'école publique, en tant que Délégué Départemental de l'Éducation Nationale (DDEN), et a été l'un des co-fondateurs de l'UPAL, dont il a animé la co-présidence les trois premières années.
Guitare, mariages et ondes partagées
Enfin, le portrait ne serait pas complet sans l'écho d'une fête communale ou d'un bal de noces. Musicien accompli, Michel menait son propre orchestre pour faire danser les générations de Bigoudens. Le journal Le Télégramme s'en faisait d'ailleurs l'écho en 2009, saluant « Michel Variel, voix et guitare en osmose », reprenant alors son célèbre tube de circonstance, « Dirty old time ». Il cultivait aussi le goût des amitiés singulières, comme cette fameuse période « cibiste » partagée avec son copain Gidouin, source de sorties improvisées et mémorables.
Aujourd'hui, à titre personnel, je garde précieusement la trace de son engagement, et je me joins à Penmarc'h pour saluer la mémoire de l'un de ses visages les plus attachants. Un homme de cœur, tout simplement.



