29 JUILLET 1938 • GRAND REPORTAGE

Saint-Guénolé : Au bout du monde... et de la misère

Quand la grande reporter Madeleine Jacob brisait le mythe folklorique

En cet été 1938, alors que les touristes commencent à affluer pour voir les "pittoresques" Bigoudens, le magazine Messidor jette un pavé dans la mare. Pas de cartes postales ici, mais une enquête choc signée Madeleine Jacob sur la "grande misère des travailleurs de la mer".

🔥 SABOTAGE POLITIQUE ! L'ambiance est explosive. On apprend que des commandos (les "Chemises Vertes" de Dorgères ?) ont "pétrolé" les champs de petits pois et les stocks des usines. Le but ? Affamer la population pour accuser les syndicats rouges. Une véritable guerre civile larvée se joue dans nos champs.

Le constat sanitaire est tout aussi effrayant. Pour les 8 000 habitants de Penmarc'h, Saint-Guénolé et Kérity, il n'y a qu'un seul médecin.

La visite coûtant 20 francs (une somme énorme), on ne l'appelle qu'à l'agonie. La journaliste décrit des intérieurs d'une propreté méticuleuse mais au sol de terre battue, où la tuberculose ("cette bronchite qui ne finit jamais") ravage les poitrines.

👑 L'Envers de la Fête

« J'ai vu la Reine des Cormorans... Elle est toute petite. Ses yeux sont trop grands, on devine qu'elle a dû être jolie. Mais la misère est passée par là, ravageant tout. »

— Madeleine Jacob, 1938