L'Écho des Pontons

Petites histoires insolites de la Grande Pêche
📅 1875 • L'Insolite

Des Sauterelles pour la Sardine ?

C'est une histoire de crise et d'imagination désespérée. En 1875, la "rogue" (œufs de morue) indispensable pour appâter la sardine manque cruellement ou coûte une fortune.

L'administration et les pêcheurs tentent alors un pari fou : remplacer la rogue de Norvège par... des sauterelles d'Afrique ! Des cargaisons de criquets arrivèrent sur nos côtes pour servir d'appât. L'histoire raconte que la sardine, fine gueule, bouda ce menu exotique. L'expérience fut un échec, mais quelle image !

📅 1857 • Société

La Révolte des Hommes (Contre les Femmes !)

On croit souvent que la pêche était une affaire exclusivement masculine. Faux ! À l'Île-Tudy, une véritable "guerre des sexes" éclata en 1857.

Les patrons-pêcheurs portèrent plainte officiellement contre... leurs propres femmes. La raison ? Ces dames allaient elles-mêmes en mer pêcher homards et langoustes et cassaient les prix ! Les femmes se défendirent avec vigueur, arguant que c'était leur gagne-pain. L'administration leur donna raison, prouvant que la Bigoudène a toujours tenu la barre, sur terre comme sur mer.

⚓ Traditions

Le Rituel Sacré du Filet

Avant l'ère des moteurs et des sonars, la pêche était autant un acte de foi qu'une technique. Roland Chatain nous rappelle le rituel immuable du XIXe siècle au moment de mettre le filet à l'eau :

« L'équipage se découvrait. On prenait de l'eau bénite (conservée à bord) pour en asperger le filet. Tous faisaient le signe de croix et récitaient un Pater et un Ave avant de lancer la bolinche. »

Une scène solennelle qui rappelle que chaque sortie était un pari sur la vie.

Source : R. Chatain, "La Pêche Bigoudène"
📅 1913 • Technologie & Polémique

Le Filet "Saint-Guénolé" : Trop Efficace pour être Honnête ?

Aujourd'hui, on cherche l'efficacité à tout prix. Mais en 1913, c'était un crime ! La presse de l'époque nous apprend que des inventions locales révolutionnaires furent purement et simplement prohibées sur nos côtes.

Leur tort ? Être redoutables. Le "Filet Guezennec" (une boîte qui se referme sur le poisson) ou le fameux "Filet Saint-Guénolé" (un système de poches multiples) permettaient des prises miraculeuses.

« Avec un bon bateau, ces filets produisent des pêches considérables qui dépeuplent rapidement les côtes. C'est pourquoi l'emploi en a été prohibé sur les rives bretonnes. »

Une leçon d'écologie avant l'heure ? Ou la jalousie des pêcheurs traditionnels face à ces "machines infernales" ? Toujours est-il que le génie de Saint-Gué a dû rentrer ses filets.