⚠️ JANVIER 1924 : ÉTAT DE CATASTROPHE
L'Apocalypse à Saint-Guénolé
Quand la mer a effacé le Football... mais pas la Noce !

La nuit du 8 au 9 janvier 1924 restera gravée dans les mémoires comme celle où l'océan a tenté de reprendre ses droits sur Penmarc'h. Une tempête d'une violence inouïe, conjuguée à une forte marée, a provoqué un raz-de-marée dévastateur.

À Saint-Guénolé, la digue est brisée. Entre la Joie et Toullker, on ne circule plus qu'en barque plate pendant trois jours. La base du phare d’Eckmühl baigne littéralement dans la mer.

BILAN PROVISOIRE PRÉFECTURE :
  • DIGUE DE PROTECTION ROMPUE
  • QUAIS SUBMERGÉS JUSQU'À LA CROIX
  • BARQUES JETÉES DANS LES RUES DU NÉNEZ
  • USINES INONDÉES - CHÔMAGE TECHNIQUE

Le Ballon Rond au Vestiaire

Dans ce chaos, le jeune club des Cormorans se fige. La "Palue", terrain de jeu habituel, est submergée. Les joueurs, pour la plupart marins-pêcheurs, troquent les crampons pour des pelles. L'heure n'est pas au sport, mais à la survie économique.

L'Incroyable Sang-Froid Bigouden

Pourtant, au cœur de la tempête, l'esprit frondeur de Saint-Guénolé résiste. On raconte que Per-Jean Larnicol, notre maire, a sauté de son lit en pleine nuit. À défaut de téléphone, c'est en embouchant son clairon à la fenêtre qu'il a sonné l'alerte !

Chez Marianna Birn, alors que l'eau monte jusqu'aux cuisses dans la maison, Jean Jégou conserve un flegme de loup de mer et lance cet ordre devenu légendaire :

« Ar butun el lae ! »
(Le tabac en haut !)

🕺 Ça s'est passé cette nuit-là

On danse quand même !
Ce soir-là, on inaugurait la salle de danse chez Tante Stéphan et Tonton Vich à la Cale. Passé minuit, les vagues frappent la porte. Des marins doivent s'arc-bouter pour empêcher l'eau d'entrer.

« Les danseurs "sklappaient" leurs pompes dans la mour (la boue), mais la cadence était telle qu'ils n'avaient plus le temps de faire le plein au comptoir ! »

Montagnes Russes
Le lendemain, insouciants, les gamins du pays transformaient le désastre en terrain de jeu, chevauchant les barques échouées en plein milieu des rues du Nénez.

Et que dire de ce mariage, le lendemain, où le cortège s'est "bardé de sirachou" (cirés) pour affronter la bourrasque ? On vit même le marié porter la cuisinière sur ses épaules pour traverser Poulleur inondé, le pantalon troussé "si martialement" que les mauvaises langues en parlèrent longtemps.

En 1924, les Cormorans n'ont pas joué, mais Saint-Guénolé a prouvé qu'il savait garder la tête hors de l'eau, et le tabac au sec.