Côté Campagne
C'est difficile à croire aujourd'hui, alors qu'il ne reste qu'un seul exploitant (Claude Drezen à Kervellec), mais après-guerre, Penmarc'h était une terre agricole. Certes, il y avait quelques "grosses" fermes comme Poulguen Vihan ou Skividan, mais la majorité étaient des micro-exploitations de 2 ou 3 hectares.
Pour survivre, on pratiquait la double vie : le mari était marin ou cantonnier, la femme et les enfants tenaient la ferme. Et quand cela ne suffisait pas, on allait "faire le goémon" à la côte pour le vendre aux usines de Saint-Pierre.

Veaux, Vaches, Cochons...
Il y avait environ 600 vaches sur la commune ! Elles étaient l'objet de tous les soins. Comme les champs n'étaient pas clos, on les attachait au pieu.
« L'hiver, pas question de les laisser sous la pluie... nous, c'était moins important ! Et on les séchait avec une poignée de foin une fois rentrées à l'étable ! »
Le lait et le beurre se vendaient en direct à la ferme. Les veaux étaient nourris avec un mélange de pommes de terre et de son pour grandir plus vite avant d'être vendus aux bouchers locaux.
Le Seigneur Cheval
Si les vaches étaient l'affaire des femmes, le cheval était le domaine réservé des hommes. "À Penmarc'h, le cheval, c'était sacré !".
Une curiosité locale : les champs étaient divisés en "sillons", de longues bandes étroites (parfois 3 mètres de large seulement) héritées des partages successoraux. On ne perdait pas une miette : si une motte de terre tombait chez le voisin, on la ramenait chez soi !

Petits Pois et Pommes de Terre
Outre la pomme de terre, base de l'alimentation, Penmarc'h avait sa spécialité : le petit pois. Les terres sablonneuses de la Madeleine s'y prêtaient à merveille. Lors de la récolte, on voyait le personnel saisonnier à genoux dans les champs du matin au soir pour alimenter les conserveries.
Rien ne se perdait : on récupérait même les cosses vides à l'usine pour nourrir les vaches !

L'Influence de la Lune
Un lecteur rapporte le cas étrange du moulin de Kerallet. Le meunier Olivier possédait un cheval dont la vue suivait les phases de l'astre :
Mais le plus beau vient de Saint-Guénolé. Un employé de chemin de fer écrit au journal pour raconter son expérience "sérieuse" menée en 1917 avec deux sacs de pommes de terre : l'un au soleil, l'autre à la lune. Sa conclusion est hilarante :
Une preuve irréfutable (selon lui) que la lune ramollit les tubercules bien mieux que le soleil !
Une vieille coutume bigoudène voulait que lorsqu'une femme se mariait, elle perdait son nom de jeune fille... mais ne prenait pas celui de son mari ! Elle prenait le nom de sa ferme. C'est l'origine de nombreux surnoms locaux.







