Quand Penmarc'h était aussi...

Côté Campagne

On imagine souvent Penmarc'h uniquement tourné vers la mer. Pourtant, il n'y a pas si longtemps, près de 200 fermes parsemaient la commune. Plongée dans un temps où l'on soignait les vaches comme des reines et où l'on récoltait les petits pois à genoux.

C'est difficile à croire aujourd'hui, alors qu'il ne reste qu'un seul exploitant (Claude Drezen à Kervellec), mais après-guerre, Penmarc'h était une terre agricole. Certes, il y avait quelques "grosses" fermes comme Poulguen Vihan ou Skividan, mais la majorité étaient des micro-exploitations de 2 ou 3 hectares.

Pour survivre, on pratiquait la double vie : le mari était marin ou cantonnier, la femme et les enfants tenaient la ferme. Et quand cela ne suffisait pas, on allait "faire le goémon" à la côte pour le vendre aux usines de Saint-Pierre.

Récolte du goémon
Alain Guénolé (Kersaluen) à la récolte du goémon du côté de la Joie.

Veaux, Vaches, Cochons...

Il y avait environ 600 vaches sur la commune ! Elles étaient l'objet de tous les soins. Comme les champs n'étaient pas clos, on les attachait au pieu.

« L'hiver, pas question de les laisser sous la pluie... nous, c'était moins important ! Et on les séchait avec une poignée de foin une fois rentrées à l'étable ! »

Le lait et le beurre se vendaient en direct à la ferme. Les veaux étaient nourris avec un mélange de pommes de terre et de son pour grandir plus vite avant d'être vendus aux bouchers locaux.

Le Seigneur Cheval

Si les vaches étaient l'affaire des femmes, le cheval était le domaine réservé des hommes. "À Penmarc'h, le cheval, c'était sacré !".

Une curiosité locale : les champs étaient divisés en "sillons", de longues bandes étroites (parfois 3 mètres de large seulement) héritées des partages successoraux. On ne perdait pas une miette : si une motte de terre tombait chez le voisin, on la ramenait chez soi !

Moisson 1944
Moisson 1944 chez les frères Calvez (Kerscaven). Au fond à droite, les "poteaux Rommel" anti-débarquement pour empêcher les avions d'atterir dans les champs.

Petits Pois et Pommes de Terre

Outre la pomme de terre, base de l'alimentation, Penmarc'h avait sa spécialité : le petit pois. Les terres sablonneuses de la Madeleine s'y prêtaient à merveille. Lors de la récolte, on voyait le personnel saisonnier à genoux dans les champs du matin au soir pour alimenter les conserveries.

Rien ne se perdait : on récupérait même les cosses vides à l'usine pour nourrir les vaches !

Marie-Jeanne Tanter
Marie-Jeanne Tanter ramasse des pommes de terre dans un cageot "Banano" (du surnom du vendeur de fruits italien). (Photo Michel Thersiquel)
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L'Influence de la Lune

Enquête "scientifique" de 1926 à Penmarc'h
🐴 Le Cheval Lunatique

Un lecteur rapporte le cas étrange du moulin de Kerallet. Le meunier Olivier possédait un cheval dont la vue suivait les phases de l'astre :

« Toutes les grandes lunes, il était aveugle, alors qu'à petite lune il voyait clair. Sa vue suivait la croissance et la décroissance de l'astre ! »

🥔 L'Expérience de la Pomme de Terre

Mais le plus beau vient de Saint-Guénolé. Un employé de chemin de fer écrit au journal pour raconter son expérience "sérieuse" menée en 1917 avec deux sacs de pommes de terre : l'un au soleil, l'autre à la lune. Sa conclusion est hilarante :

« Au bout de huit jours, nous avons constaté que l'influence de la lune était supérieure à celle du soleil [...] pour les rendre molles ! »

Une preuve irréfutable (selon lui) que la lune ramollit les tubercules bien mieux que le soleil !

Source : L'Ouest-Éclair, 5 sept. 1926
💡 Le Saviez-vous ?

Une vieille coutume bigoudène voulait que lorsqu'une femme se mariait, elle perdait son nom de jeune fille... mais ne prenait pas celui de son mari ! Elle prenait le nom de sa ferme. C'est l'origine de nombreux surnoms locaux.