Flaubert face aux Éléments
Voyage en Bretagne : Par les champs et par les grèvesAvant d'écrire Madame Bovary, le jeune Gustave Flaubert, accompagné de son ami Maxime Du Camp, a arpenté les sentiers de Bretagne sac au dos. En 1847, leur périple les mène jusqu'au "bout du monde" : Penmarc'h.
Ses notes de voyage ne sont pas celles d'un touriste ordinaire. Il y décrit une terre brute, fière, où l'homme doit se battre contre les éléments pour exister. Une description qui résonne encore étrangement avec l'identité bigoudène d'aujourd'hui.
I. L'Église Saint-Nonna : La Gloire NavaleFlaubert est immédiatement frappé par la démesure de l'église Saint-Nonna, posée comme un défi au milieu des terres. Il y lit, gravée dans la pierre, l'histoire maritime de la cité.

Puis, l'écrivain se rend sur la côte. À Saint-Guénolé, ce n'est plus l'architecture qui l'impressionne, mais la violence pure de la nature. Sa description des vagues est d'une puissance cinématique.
Ce "bruit de tonnerre qui ne s'arrête jamais", c'est le bruit de fond de la vie à Penmarc'h. Une énergie brute que l'on retrouve dans le caractère bien trempé des habitants.

En quittant les lieux, Flaubert résume son sentiment en une phrase magnifique, qui pourrait servir de devise à tous ceux qui vivent ici, sportifs comme marins :
Près de 180 ans plus tard, le granit est toujours là, le vent souffle toujours, et la fierté demeure intacte.