
Charles-Pierre Volant :
L'homme du premier jour
L'histoire retient souvent les bâtisseurs qui durent, mais elle oublie parfois les initiateurs. Pierre Volant fait partie de cette catégorie. Sans sa volonté initiale de structurer les énergies éparses des différents quartiers de Penmarc'h au lendemain de la Grande Guerre, les Cormorans n'auraient peut-être jamais vu le jour sous cette forme.
15 novembre 1920 : La naissance officielle
En ce lundi d'automne 1920, une réunion décisive se tient pour officialiser la pratique du football dans la commune. Autour de la table, des personnalités locales de poids : le maire Pierre-Jean Larnicol, qui accepte la présidence d'honneur, et l'industriel Victor De Cadenet, vice-président.
Mais pour la présidence active, c'est un habitant de Saint-Guénolé qui est choisi : Pierre Volant. Sa position sociale, son réseau et sa capacité à fédérer en font l'homme de la situation pour lancer cette aventure, juste après l'adoption du nom "Cormorans" suggéré par le peintre Lemordant et soutenu par Eugène Jacob.
Qui était vraiment Charles-Pierre Volant ?
Grâce à la mémoire retrouvée de Pierre Boënnec et aux archives militaires, son portrait est désormais rétabli. Charles-Pierre Volant est né le 10 octobre 1901 à Penmarc'h. Fils des propriétaires de l’Hôtel de Bretagne à Saint-Guénolé, il était avant tout un mécanicien hors pair.
Image d'Épinal des débuts du club, c'est lui qui emmenait parfois les joueurs aux matchs dans le petit autocar de l'hôtel. Son destin fut aussi tragique qu'héroïque : engagé dans la Résistance (FFI), il est mort pour la France le 5 août 1944 à Penhars lors des combats pour la Libération, à l'âge de 42 ans.

Le passeur de témoin
Pierre Volant ne restera qu'une saison à la présidence officielle. Dès octobre 1921, c'est Anthony Fravallo qui reprendra le flambeau, tandis que Pierre Volant restait fidèle au poste comme vice-président. Il a eu l'immense mérite d'être là pour donner l'impulsion de départ, transformant des groupes de copains de quartiers en un club pérenne.
Les circonstances précises de sa disparition
Si les archives militaires confirment son décès le 5 août 1944, l'ouvrage de référence « Le Finistère dans la guerre 1939-1945 » (G.M. Thomas et A. Le Grand) apporte un éclairage précis sur ses derniers instants lors de la libération de Quimper.
« Les F.T.P. accrochés durement aussi dans le voisinage de la poste, rue des Réguaires comptent leurs victimes : l’adjudant Pierre LOUET (21 ans) mortellement touché, de même que Charles VOLANT (42 ans)... »
Charles-Pierre Volant n'était donc pas un simple témoin de la Libération, mais un acteur engagé au cœur des "combats de rues" les plus intenses pour libérer la capitale cornouaillaise. Il est tombé sous les balles allemandes alors que les sections de la Résistance convergeaient vers le centre-ville.
L'épopée de 1920
Découvrez les coulisses de la fondation et le récit détaillé de l'erratum historique de Pierre Boënnec.
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