La Galoche Bigoudène

Entre Tradition de Terroir et "Stock-Car" de Rue

Véritable institution du Pays Bigouden, la galoche (ar c’halog) est bien plus qu'un simple jeu de palets. C'est un sport de force, de précision et de stratégie qui a longtemps animé les carrefours de nos villages avant de rejoindre les galochodromes modernes.

Le Palet

En acier, pesant environ 1 kg (bien plus lourd qu'à la pétanque !).

La Distance

Le lancer se fait à 8,5 mètres (8m pour les plus de 75 ans).

Le Lipar

La rondelle métallique posée sur la galoche, qu'il faut abattre.

L'Art du Geste : Piquer et Dégalocher

Pour gagner, il ne suffit pas de viser. Comme le précise un joueur chevronné : « À la galoche, pour piquer c’est 8,5 m et pour dégalocher on a le droit de faire trois pas. Ceux qui ont des petites jambes sont désavantagés mais c’est comme ça ! »

L'objectif : Faire tomber le Lipar le plus près possible de son palet. Si la rondelle roule vers l'adversaire, le point lui revient ! La partie se joue en 15 points et le match en 5 manches.

Archives : La vie risquée du joueur (1960)

D'après un article du Télégramme du 10 mai 1960 rapportant un fait divers à Kérity.

Avant l'invention des galochodromes, le bitume des rues servait de terrain. Le 20 juin 1959, au carrefour de la rue Victor Hugo, un concours de marins-pêcheurs s'est transformé en véritable scène de stock-car.

Un apprenti conducteur, en pleine leçon de conduite, a perdu le contrôle de son véhicule de location. La "voiture folle" a fauché les spectateurs, renversé un retraité de la Marine (fracture de l'humérus) et fini sa course contre le mur du café Savina après avoir écrasé une bicyclette.

LE DÉTAIL CROUSTILLANT : Lors du procès à Quimper, les avocats tentèrent de rejeter la faute sur les galocheurs parce qu'ils jouaient... sur la chaussée !
Textes basés sur les témoignages de Pascal Bodéré et les archives de Michel Variel.